succulentes

Juillet août 2016 : Les épines de Lespinet.

Juillet-Août 2016 – De jardin en jardin : Les épines de Lespinet.

 

Les épines de Lespinet

Sur les hauteurs de Foix en Ariège il est un jardin incontournable. En vérité, l’endroit s’apparente plus à un théâtre naturel grandiose qu’à un jardin au sens où on l’entend habituellement. En arrivant sur la grande prairie, le visiteur est saisi par l’ampleur de ce panorama sauvage et impressionné par le jardin atypique qui se dresse devant lui. La falaise calcaire qui fait face s’est en effet érodée au cours des siècles, et dans cet éparpillement d’éboulis, le jardinier Gilles Labatut, a su domestiquer ce site naturel, sans le dénaturer. Gilles est un grand connaisseur de succulentes rustiques, intarissable sur le sujet. Il a été atteint, tout comme nombre d’entre nous, du syndrome de la collectionnite aigue, mais c'est bien la dimension paysagère qui guide aujourd'hui ses choix. Il partage volontiers sa perception de l’acclimatation et sa passion pour les plantes grasses. En concevant et plantant, sans répit depuis plus de vingt ans, ce jardin d’exotiques rustiques dans ces entassements et ces amoncellements de blocs rocheux il aura créé un jardin d’acclimatation unique dans la région : Les épines de Lespinet.

 

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Situé à 450m d’altitude, le jardin, dominant la vallée de la Barguillère et offrant au détour d’un sentier une vue imprenable sur le château de Foix, bénéficie d’une exposition idéale face à la haute chaine des Pyrénées. Les conditions climatiques sur ces pentes abruptes exposées plein sud sont souvent plus favorables que celles que l’on peut rencontrer en plaine Toulousaine. Les journées d'hiver y sont fréquemment plus douces. A la fois par phénomène d’inversion thermique et/ou par effet de Foehn.  Le froid et l’humidité ayant tendance à couler à flanc de falaise pour stagner en fond de la vallée, tandis que l’inclinaison de la pente permet un réchauffement rapide du site. Réchauffement retenu en partie la nuit par accumulation puis restitution de la chaleur par la roche.

 

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Bien sûr, si l’endroit est, climatiquement, relativement favorable, le défrichage, la conception, et l’entretien des 2500m2 de la partie haute du jardin reste néanmoins un travail herculéen. En grimpant le long des sentiers dédiés on peut observer toutes sortes de succulentes et de xérophytes : des cactus globulaires, des cierges de belle taille, mais aussi et surtout une collection incroyable d’opuntias et d’agaves dont certains arborent des proportions vénérables, comme l’agave salmiana qui surplombe les amas rocheux. Avec plus de 400 taxons répertoriés, le jardin de Lespinet est un éden pour le collectionneur mais aussi pour l’amateur moins averti, car l’intégration des espèces indigènes à la flore subméditerranéenne locale vaut à elle seule le détour.

 

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On peut visiter le jardin sur rendez-vous et acheter sur place quelques espèces en surplus, vues çà et là au bord des sentiers au cours de la balade. Cette offre est d’autant plus intéressante que  la plupart des variétés proposées sont peu fréquentes, et ont fait leurs preuves du point de vue de leur résistance au froid et de leur capacité d’adaptation dans notre région. Prévoyez enfin des chaussures fermées car même s’il ne s’agit pas d’une randonnée dans la montagne, il y a tout de même un peu  de dénivelé dans ces cheminements caillouteux.  

 

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Sept-oct 2015 - De jardins en jardins... première partie.

SEPT- OCT 2015 - DE JARDINS EN JARDINS … 1ère partie

Cet automne aura été, météorologiquement parlant, propice à quelques visites de jardins extraordinaires de la région, et même au-delà… voici la première partie. 

Cactuseraie Montolieu serreEn compagnie de quelques amoureux de plantes exotiques, nous avons tout d’abord rendu visite à monsieur Rouger , créateur atypique de la cactuseraie de Montolieu, à deux pas de la cité médiévale de Carcassonne. Ce jardin qui comme son nom l’indique est essentiellement planté de cactus et succulentes est intéressant à plus d’un titre :Cactuseraie Montolieu serre 2

- Tout d’abord sa situation géographique permet de s’y rendre rapidement depuis Toulouse, de s’y arrêter pour se dirriger ensuite vers la grande bleue,  ou bien de l’inclure dans un ‘package’ de visites culturelles locales (de la cité médiévale aux vins du Minervois en passant par les châteaux cathares, il y a l’embarras du choix.)

- Ensuite par son climat intermédiaire très contrasté à mi-chemin entre le climat océanique dégradé et le climat méditerranéen, qui permet quelques extravagances jardinières tout en restant humble et pragmatique dans le choix des espèces car nous ne sommes pas sur la Costa brava ! donnant de fait un bon aperçu de ce que l’on peut raisonnablement essayer en région Toulousaine.

- Enfin de par sa conception naturelle et son intégration à l’environnement local. On remarque par exemple que quelques agaves lophanta ou quelques opuntia liguiformis se sont naturalisés au milieu d’essences spontanées (thym, romarin, menthe sauvage, sous les chênes).  

Ce jardin qui s’étend tout de même sur plus d’un hectare et sur deux niveaux nécessite une à deux heures que l’on peut consacrer à la visite libre ou à la visite guidée. La partie basse englobe la grande serre de production et de vente. L’entrée y est libre.  Elle englobe aussi la partie basse du jardin en plein air. Visite payante (4 euros) pour les parties extérieures.  Les massifs superbement aménagés sont un enchainement d’agaves, d’opuntias, de yuccas, et autres plantes grasses, plus ou moins rustiques et plus ou moins rares.

Cactuseraie Montolieu partie basseCactuseraie Montolieu partie haute

Le petit chemin à travers bois conduit à la partie supérieure où la cactuseraie a pris s’est installée en lieu et place d’anciennes vignes sur une pente exposées au sud-ouest si je me souviens bien.  Cette section du jardin, même si elle comptabilise moins d’essences, est particulièrement attractive par son aspect sauvage, brut, authentique,  où on a parfois l’impression d’être quelque part au nouveau Mexique. Les massifs d’oponces couvrent parfois plusieurs dizaines de mètres carrés, les agaves, de tailles vénérables fleurissent (et meurent…) régulièrement laissant derrières eux les architecturales et spectaculaires hampes florales séchées.

 

Sur la route du retour vers la ville rose nous avons fait une  brève halte en Lauragais chez Thibault D (association des fous de palmiers), qui nous a régalés avec le décor exotique de ses abords de piscine (belle cépée de washingtonia notamment).

Jardin de tib 31 vueJardin de tib 31 butia eriospatha

 Nous sommes tous tombés sous le charme de son butia Eriospatha . Palmier à feuille pennées, aux pinnules particulièrement fines, et au bord arqué, retombant et singulièrement gracieux, comparativement à son proche cousin le classique butia odorata (anciennement connu sous le nom de butia capitata). Ce palmier, l’eriospatha, serait, d’après nos retours d’expériences de la dernière vague de froid, le représentant du groupe butia ayant le mieux résisté au froid. Ce qui vous en conviendrez chers lecteurs, et lectrices, ne gâte rien.

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