persistant

Avril 2014 - Un couvre-sol fleuri pour plein soleil ? Je dis delosperma.

Aizoaceae ? Nom barbare pour définir en fait les quelques 1000 (et des grains de sable) espèces de petites plantes xérophytes souvent prostrées, et majoritairement originaires d’Afrique Australe dans le genre Ruschia, Bergeranthus,… et surtout Delosperma, que j’ai eu l’occasion de cultiver, dans mon jardin Toulousain, avec un relatif succès pour certaines d’entres-elles, et ce depuis quelques années.  On les appelle familièrement ficïodes, nom générique et fourre-tout, ou ‘ice plants’ de l’autre côté de l’atlantique.Delosperma 'Topaz' - Exotica Tolosa

On connait depuis longtemps l'envahissant et increuvable delosperma cooperii, vous savez, cette ‘plante de grand-mères’ décriées pendant des années, et qui revient sous les projecteurs grâce à de nouveaux hybrides horticoles particulièrement attractifs. 

Allez… quelques mots tout d’abord pour se remémorer leur arrivée dans nos jardins.

On peut dire que tout commence en 1977, par la création de sections dédiées aux rocailles alpines au sein du jardin botanique de Denver, Colorado. Mais ce n’est qu’à la fin des années 90’s que son conservateur en chef (Panayoti kelaidis) démarre des campagnes de collectes successives, notamment dans les zones montagneuses du Drakensberg et du Lesotho en Afrique du sud, à des altitudes avoisinant souvent les 3000m en quête de nouvelles plantes de rocailles acclimatables.

Les premières à arriver sur le continent Nord américain seront Delosperma Cooperii et Delosperma Floribundum. S’en suivront quantités de variétés plus ou moins rustiques, dont certaines se sont naturalisées, et sont devenues invasives dans quelques spots d’Australie, ou de Californie du sud.

Un grand merci donc à ce monsieur Panayoti qui nous a permis d’acquérir et d’acclimater (ou en tout cas d’essayer !) quelques unes de ces perles Australes sous nos cieux souvent moins favorables.

Question culture, il faut retenir que ce sont (pour la plupart) des ‘sunlovers’ (xérophytes) comme disent les jardiniers dans la langue de shakespeare : traduisez ‘plein cagnard’ !

Le second secret, et pas des moindres, c’est… vous l’avez deviné le drainage. Pour ma part, étant sur une base très argileuse, j’ai pris l’option de constituer de petits massifs légèrement surélevés pour accueillir ces mesembs (oui c’est comme ça qu’on dit quand on est vraiment, mais alors vraiment fan). Mais bien entendu, elles font merveilles également en potées drainantes, rocailles, et talus (contribution à lutter contre l’érosion !). Il faut simplement retenir que l’eau ne doit jamais stagner, surtout en hiver. Elles sont en effet soumise, dans leur milieu, à des hivers plutôt, voir très secs. J’ai ensuite incorporé du sable grossier et des petits galets sur les 20 premiers centimètres du sol, l’enracinement de ces végétaux étant superficiel.

Bilan, au cours des derniers hivers : quand même pas mal de pertes, il faut le reconnaitre.

 Delosperma 'Peach star' - Exotica TolosaJe vais donc vous parler de celles qui nous intéressent aujourd’hui, les survivantes… 

Là ça devient intéressant car en février dernier, j’ai enregistré -12° sous abris, donc facilement -13°/-14° au jardin, avec de la neige au sol et un sol totalement gelé pendant 10 jours consécutifs. Voici les aizoaceae qui sont sorties intactes de ces hivers :

 

Les floraisons printanières :

Delosperma basuticum est le plus précoce chez moi. C’est une jolie plante tapissante très rase à croissance plutôt lente. La floraison jaune-éclatant couvre totalement le feuillage pendant quelques jours au printemps.

Delosperma congestum ‘album’ (Lesotho) forme un petit coussin vert vif très serré à croissance assez lente. Floraison blanc crème à blanc pur durant plusieurs semaines.

Delosperma ‘John Proffitt’ est un vigoureux couvre-sol dont l’origine est controversée. Sélection de delosperma cooperii pour les uns, hybride pour les autres. Je penche personnellement pour cette seconde hypothèse, sachant que cooperii pourrait être un des parents. Floraison magenta brillante recouvrant intégralement le feuillage en mai, suivie de remontées plus ou moins importantes toute la belle saison.

Delosperma nubigenum (Drakensberg, Sani pass) , présente un apect plus ‘sauvageon’ formant de petit amas de feuilles comme des grains de riz sur des tiges rampante. La couverture du sol est donc moins importante que pour les autres delosperma et nécessite par conséquence un désherbage occasionnel. C’est une plante rampante rase qui fleurit jaune citron (floraison clairsemée), avec de petites remontées de floraison après la floraison principale. C’est un des rares delosperma à tolérer la mi-ombre à condition de rester au chaud et au sec. Remarquez que le feuillage devient bronze à rubis à l’arrivée des premiers frimas.

Ruschia pulvinaris est une plante miniature à observer en mode macro. Elle présente un beau feuillage succulent vert-bleuté en petite touffe très serrée. La croissance est vraiment insignifiante. Magnifique floraison rose se détachant harmonieusement sur le feuillage glauque, malheureusement très éphémère. Idéale en mini-rocaille ou en composition avec des sedums,…

Bergeranthus jamesii a en commun sa taille miniature et sa croissance lente. La touffe vert olive est  cependant moins compacte que la précédente. Curieusement les fleurs jaunes à longs pédoncules ne s’ouvrent qu’en fin d’après-midi.  Parmi les ‘ficoïdes’ viables chez moi, il s’agit cependant de la moins rustique. Des morceaux de rosettes se desséchant parfois à partir de -9°/-10°, mais sans incidence sur la suite. Un lieu un peu plus protégé doit être privilégié si c’est possible.

 

Les floraisons remontantes ( toute la belle saison) :

 

Delosperma kelaidis ‘Mesa verde’ est un hybride spontané rapporté sous forme de semis au jardin botanique de Denver, et ayant donné naissance à ce charmant (mais vigoureux) couvre-sol dont la généreuse et virtuellement interminable (d’avril/mai à septembre/octobre) floraison hésite entre le rose pastel et un riche ton saumoné. Sa rusticité est sans faille. Elle peut, de surcroit, mieux supporter que ses consœurs un léger défaut de drainage.

Delosperma dyeri ‘Red mountain’ est une plante d’origine horticole assez récente. Elle forme un tapis ras, vert vif, de vigueur moyenne. Sa floraison évolue, en fonction des conditions climatiques et de la maturité de chaque fleur, entre le rose, le rouge ou l’orangé à cœur crème.

 

D’autres sont réputées rustiques (à essayer), en voici une petite liste non exhaustive :

Delosperma deeleewiae

Delosperma herbeum

Delosperma lavisiae

Delospema caespitosum

Delosperma alpina

Delosperma lineare (= nubigenum?)

Delosperma ‘pink zulu’

Delosperma ‘silver hill’

Delosperma floribundum (=’starburst’?)

Delosperma ‘safari’

Delosperma ‘gold diamond’

Deloserma karooicum (=’Graaf Reinet’?)

Delosperma ‘morning face’

Delosperma ‘beaufort baby’ et ‘beauty’

Delosperma ‘Lavender ice’

Delosperma brunthaleri

Delosperma ashtonii

Delosperma daveyi

Delosperma sphalmanthoides

Delosperma deschampsii

Delosperma sutherlandii

Delosperma aberdeenense

 

Quelques Ruschia, pas mal d’Aloinopsis ( dont le très bel hybride ‘Karoo red’), etc…Delosperma jewel of desert 'Garnet' - Exotica Tolosa

Côté nouveautés je vous conseille de partir en quête de Delosperma‘Fire spinner’, encore une incroyable trouvaille dans la nature dudit Panayoti kelaidis, ou bien des derniers delosperma de l’hybrideur Japonais Koichiro Nichikawa : Delosperma jewel of desert serie et plus récemment Wheels of wonder serie. Toutes ces nouveautés seraient d’une grande rusticité.

Bref, vous l’aurez compris les Aizoaceae dites rustiques n’ont pas fini de faire parler d’elles…

Bonne culture à toutes et à tous. 

Mars 2014 - Clématite Armandii, une liane parfumée.

Il y a quelques années, par un mois de février particulièrement ensoleillé, j’ai découvert un peu par hasard cette clématite persistante en entrant dans une serre pour y chercher tout autre chose. Le premier contact avec cette liane a d’abord été olfactif. Rares sont les végétaux (sous nos climats en tout cas) qui peuvent diffuser un parfum aussi puissant et délicieux. Je pourrai vous le décrire comme fortement vanillé, avec des notes de fleur d’oranger, de jasmin, et de frangipanier. Bien sûr, la fragrance est plus discrète en extérieur que sous polyéthylène, surtout si le fond de l’air reste frisquet, mais reste néanmoins l’un des points forts de cette plante.

   Et ce n’est pas le seul !Clematis armandii snowdrift

Cette clématite s’accroche sur presque tous les supports grâce à ses vrilles foliaires qui s’entourent sur tout ce qu’elles rencontrent. La végétation est vigoureuse, et la plante forme des lianes sarmenteuses avec le temps. A tel point qu’on peut la laisser en liberté coloniser un vieil arbre ou un poteau disgracieux.

En revanche, je conseillerai de tailler après la floraison les rameaux qui ont fleuri (comme toutes les clématites du groupe 1) pour les raccourcir et favoriser la ramification de nouveaux rameaux qui fleuriront l’année suivante. Sans quoi la clématite Armandii a une fâcheuse tendance à se dégarnir de la base.

Le feuillage vert foncé, lancéolé et lustré, revêt un aspect très exotique et constitue un autre point fort, d’autant qu’il est persistant ! Plutôt rare pour une clématite… Les feuilles coriaces et brillantes, à 3 nervures longitudinales sont lancéolées. Les nouvelles pousses ont une couleur pourpre-cuivrée décorative avant de devenir vertes à leur tour.  Attention elles sont fragiles et cassent comme du verre si on les manipule sans la délicatesse requise.

Clematis armandii apple blossom 800x600La spectaculaire floraison blanche intervient quant à elle dès la fin février dans notre région. Spectaculaire car elle recouvre souvent totalement le feuillage. Malheureusement cette générosité s’arrête à la mi-mars, et cette clématite n’est pas remontante. 

Vous pourrez facilement trouver les cultivars les plus communs,  ‘apple blossom’ (boutons roses/ voir photo), ou ‘snowdrift’ (fleurs plus grandes en étoiles/ voir photo), et avec un peu de chance des cultivars moins communs comme  ‘snowbells’ (petites fleurs en clochettes),  ou ‘hundersodii rubra’ (à boutons rosés et à pédoncules rouges).

On a d’abord cru que cette vigoureuse grimpante Chinoise de la famille des ranunculaceae n’était pas rustique. Elle l’est en fait, mais pas totalement. Armandii ne subit aucun dommage jusqu’à -10°c, mais le feuillage s’abime en deçà. Cependant la souche peut repartir par des hivers encore plus rigoureux (-15°) au prix de la perte partielle ou totale des parties aériennes.

De culture facile, cette grimpante s’adapte à toutes les expositions, de l’ombre au plein soleil, à condition de recevoir un minimum d’irrigation surtout le temps qu’elle s’installe. Avec l’âge cette clématite devient plutôt tolérante à la sécheresse estivale. Elle figure en ce sens parmi les meilleures candidates pour les climats méditerranéens à l’instar des clématites glycinoïdes, flammula, tangutica, cirrhosa ou montana. 

On peut encore lire çà et là que les clématites ont besoin d’avoir ‘les pieds à l’ombre et la tête au soleil’. Je pense qu’il s’agit d’un mythe populaire infondé et colporté par une littérature jardinière plus académique que pragmatique. Certes les clématites sont sensibles au dessèchement brutal du feuillage, et au flétrissement fatal de toute, ou partie de la plante, mais c’est totalement sans relation avec cette ridicule tradition du pied à l’ombre et de la tête au soleil !

Voilà donc une grimpante facile à vivre qui ravira vos fins d’hivers. Je me sauve de ce pas au jardin, sans oublier de remercier chaudement Antho pour sa contribution photos. N'hésitez pas à visiter le site de son jardin en Ardèche !

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