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Janvier février 2017 - Il pleuvait, c'est pas d'Pau !

Janvier-février 2017      Il pleuvait, c’est pas d’Pau !

Palmiers à Pau

En cette fin de septembre de l’an de grâce 2016 (ah c’était l’an dernier en fait), l’association des fous de palmiers  avait organisé une belle échappée en Béarn pour dévoiler  l’exotique végétation de la ville de Pau, et particulièrement les nombreux palmiers qui la jalonnent. Découverte…

Sortie des fous de palmiers à Pau

Rendez-vous était pris devant la gare ferroviaire, le temps de rassembler la troupe qui s’était constituée pour cette sortie. Bon, autant dire que tout n’était pas forcément bien engagé côté ciel  alors que l’azur commençait à sévèrement se charger. L’atmosphère devenait  électrique de minutes en minutes, laissant présager une excursion arrosée.  Lorsque le ralliement fût enfin complet une grosse déflagration cosmique en fît sursauter plus d’un(e), et elle fût immédiatement suivie d’un déluge d’eau. L’excursion fût donc conforme au présage, bien arrosée…

Palmiers à PauPalmiers à Pau

Nous avons donc traversé le gave de Pau sous un déluge d’eau, mais armés de nos cirets, parapluies, et autres ponchos… pour ceux qui l’avaient prévu !

En face de la gare se déploie, d’emblée, une véritable oasis de plusieurs centaines de palmiers, sur les pentes verdoyantes juste en contrebas du fameux Boulevard des Pyrénées, faisant de ce lieu la plus grande palmeraie du Sud-ouest. Des trachycarpus fortunei (palmiers chanvre) pour l’essentiel, ponctués çà et là d’autres exotiques rustiques comme des musas, des yuccas, des dasylirions, ou bien des agaves, mais dans une moindre mesure. La grimpée sur la partie supérieure est juste magique et offre à l’arrivée un panorama époustouflant, comme un tableau avec les Pyrénées en toile de fond. Sur près de deux kilomètres cette promenade offre l’une (si ce n’est la), des plus belles vues de la région sur la chaîne Pyrénéenne, permettant aux nombreux palmiers élancés de tutoyer au loin les sommets montagneux dans un surréalisme artistique, me rappelant un peu en ce sens les alignements de palmiers de Palm springs (Californie) sur fond de monts enneigés… enfin c'est ce que j'imagine parceque ce jour là on a rien vu à part les nuages !

La balade se poursuit par les abords du casino-palais des congrès où l’on peut voir de part et d’autre de l’entrée deux beaux massifs d’exotiques vivaces et annuelles. A l’intérieur de l’établissement se trouve d’immenses plantations de plantes exotiques non rustiques recréant des ambiances de forêts tropicales. Malheureusement ces zones n’étaient pas ouvertes au public lors de notre passage.

Nous avons ensuite cheminé en ville jusqu’à la place Georges Clémenceau où l’on peut admirer quelques palmiers ‘déposés’ sur une grande étendue minérale contemporaine, notamment de très beaux butias, plantés récemment semble-t-il. Contrairement aux trachycarpus observés en contrebas de la promenade du Boulevard qui semblent être là depuis des temps immémoriaux. C’est d’ailleurs presque le cas puisque Le patrimoine palmique de Pau remonterait à Napoléon III (fin du 19ème siècle) !

Boulevard des Pyrénées, Pau.

Pour la petite histoire, ce sont d’abord les soldats Béarnais qui ramenèrent de leurs campagnes coloniales des palmiers pour les planter  dans leur jardin. C’était alors symbole d’un certain niveau social et d’une volonté affichée d’appartenance à la petite bourgeoisie locale. Il était aussi de coutume, à la belle époque, de planter un palmier dès qu’un fils naissait ou bien pour célébrer le retour, ou le départ, d’un parent pour les colonies. Plus récemment, ce sont essentiellement les communautés anglo-américaines et russes en villégiature saisonnière dans la ville (réputée pour la douceur hivernale de son climat) qui ont contribué à enrichir ce patrimoine végétal. Ils plantaient à tout va, devant leurs belles villas, quantités de palmiers en signe d’aisance, donnant à la ville un faux air de riviera Italienne. Et oui, on ne le soupçonne plus aujourd’hui mais le palmier était un signe extérieur de richesse.

Butias à Pau.Place Georges Clémenceau, Pau.

J’ignore si un trachycarpus peut devenir centenaire, mais vu la taille de certains d’entre eux,  il est probable qu’au moins les plus grands aient été planté naguère (ça va, je ne prends pas trop de risque…)  et aient survécu (au moins) aux -17° de l’hiver 1985. Niveau de froid exceptionnel dans la région, qui se caractérise plutôt en temps normal par des températures douces,  sans excès tout au long de l’année. La pluviométrie est également très favorable à la croissance des palmiers (plus de 1000mm/an à Pau contre un peu plus de 600mm à Toulouse) tant par sa quantité que par sa fréquence et sa répartition assez homogène dans l’année. C’est ce qui donne au Béarn, à l’instar du Pays Basque, ce côté ‘vert toute l’année’. Ajoutons à cela une relative absence de vent et des sols humifères bien fertiles et l’on comprend mieux que les palmiers sont particulièrement bien implantés dans de coin du sud-ouest.

Pau est définitivement une petite bourgade bien exotique comptant pas moins de 1600 palmiers d’après le recensement des services d’espaces verts communaux, dont tout de même 1381 trachycarpus fortuneii !

Décembre 2013 - Mauvaise nouvelle : l'hiver c'est l'hiver !

MAUVAISE NOUVELLE : L’HIVER C’EST L’HIVER

De l’hiver certains fous diront que c’est la plus belle saison de l’année. Ca n’est pas mon avis. La saison froide n’a d’intérêt à mes yeux que pour les sports d’hiver. Sous les frimas le jardin est moribond et je n’y mets d’ailleurs plus les pieds que contraint et forcé ! Quelques illuminés me demandent encore si je fais des visites ! Il fait nuit au milieu de l’après-midi, t’as pas remarqué ?? 

Alors avant de fourrer la dinde, revient immanquablement l’éternelle question du comptoir du coin : l’hiver sera-t-il rigoureux ?  Ce à quoi répondent les experts ou prétendus tels, avec un aplomb déconcertant, tout et n’importe quoi : « Les modèles météo nous permettent de prédire que ce sera probablement (et le ‘probablement’ revêt toute son importance) l’hiver le plus froid de ces ‘x’ dernières années », ou bien encore « cette année les rouges-gorges ne viennent pas sur la boule de graisse, l’hiver sera doux ». Moi-même je me suis surpris à dire : « Quand la masse d’air est exceptionnellement froide en Amérique du Nord, l’hiver est généralement doux en Europe, et vice-versa ». Bref, rassurez-vous personne n’en sait rien !

En théorie il y a plein de choses à faire en hiver : Ramassage des feuilles, taille des caducs, et que sais-je encore. Rien de toutes ces gesticulations jardinières à Exotica Tolosa car le jardin est composé pour son immense majorité de persistants !

Cette année j’ai décidé quand même de protéger quelques plantes, non pour déroger à ma règle de ‘l’élevage à la dure’, mais pour vérifier certaines choses :

J’ai ‘entuyauté’ le pseudo stipe principal du musa sikkimensis ‘manipur’ pour comparer en fin d’hiver entre la partie protégée, et les deux rejets à l’extérieur de la protection. La vidéo de la technique de protection mise en œuvre est visible ICI .  Bon d’accord le côté esthétique est discutable, ne retenons que le côté scientifique.

J’ai rassemblé les palmes du petit brahea aculeata pour voir si cela peut suffire pour conserver la lance, qui est perdu à chaque hiver quelle qu’en soit la dureté. Idem pour un tout jeune phoenix porphyrocarpa que j'ai emmitouflé dans un tissé. 

J’ai enfin emmailloté certains agrumes pour pouvoir constater ou infirmer que cela avance bien la floraison printanière, et permet de fait une mise à fruit plus hâtive, avant que les premières vraies gelées ne viennent abimer ou décimer prématurément la récolte de l’année. Car posséder des citrus résistants au froid c’est bien. Profiter de leurs fruits c’est encore mieux !

Chez vous en tout cas, chères lectrices et chers lecteurs, rien ne vous empêche de protéger vos plantes exotiques si elles sont un peu limite pour votre zone climatique, par des gestes simples :

Rassembler et attacher les feuilles des palmiers (dites les palmes, vous passerez pour des pros !), nolines, ou cordylines en premier lieu. Gardez à portée de mains quelques rouleaux de voile d’hivernage ou cas ou une vraie vague de froid serait annoncée. De grâce évitez d’utiliser des protections non respirantes (type plastique à bulles), surtout si la protection reste fermée plusieurs mois. Cela favorise la condensation à l’intérieur et la formation de glace par gel sévère, suivi parfois de développement de maladies cryptogamiques du fait de l’alternance de gel et dégel en milieu humide clos.

Si vous avez des yuccas, des agaves, ou des opuntias qui ont tendance à tacher sous l’effet conjugué de l’humidité et du froid, vous pouvez pulvériser en préventif une bouillie fongicide (souffre, cuivre,..) sur les feuillages.

Pour les vivaces, il peut être de bon ton de pailler le pied des plus fragiles. Cela retarde et atténue le gel du sol, surtout dans les couches plus profondes.

Je vous donne rendez-vous l’année prochaine amis jardiniers, non sans vous avoir souhaité au préalable de mémorables fêtes de fin d’année ! Pour ma part, je vais de ce pas déguster avec délectation ma confiture de yuzu au pied du sapin.  

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