fleurs du sud

Octobre 2013 - Rencontres jardinières.

RENCONTRES JARDINIERES

Les inter-saisons se prêtent spécialement à ces moments-partagés que j’affectionne particulièrement.

Déjà loin de la torpeur estivale, mais pas encore entré dans l’hibernation hivernale, je me prête, comme bon nombre d’entre vous, volontiers à ces échanges à cette période de l’année où l’on a souvent (et à tort) l’impression d’avoir, en tout cas dans le sud-ouest, signé un CDI avec l’été.

Morceaux choisis :

arquier-800x600.jpgVoici les tranches de vie qui ont retenues mon attention en ce début d’automne. ets-tension-suspension-800x600.jpgTout d’abord la première édition de l’exposition-vente de plantes de Pompignan (82) le dernier weekend de septembre. A l’initiative de la Croix-Rouge Française et ayant pour double objectif de présenter ses activités et aussi de collecter des fonds destinés au développement de l’activité de distribution alimentaire.

Dans le parc de ce magnifique château, idéalement situé à mi-chemin entre Toulouse et Montauban, je suis arrivé, il est vrai quelque peu enfariné (c’est pour la rime) au milieu d’une organisation quasi-militaire. Bien heureusement, après quelques tasses de café ce curieux sentiment de débarquer au beau milieu d’une base arrière s’est finalement estompé, et j’ai retrouvé avec un grand plaisir non dissimulé tous mes amis pépiniéristes en grande forme.


alain-tan-393x600.jpgEn premier lieu bien entendu Alain Tan des pépinières fleurs du sud et détenteur de la collection nationale d’hibiscus rustiques (CCVS), qui nous a présenté ses nouvelles créations, et qui n’est pas peu fier d’avoir (à juste titre je l’avoue) reçu la médaille de bronze au plantarium de boskoop cette année, pour son hibiscus ‘Planet griotte’. Récompense couronnant 5 ans de travail sur l’hybridation de ces vivaces.  

Ma balade vallonnée m’a ensuite amené à tomber nez à nez sur de jeunes Chilopsis linearis dont je vantais les mérites il y peu en fustigeant le fait que cet arbuste n’était jamais proposé au public. Et bien les cieux m’ont entendu. En fait, je n’en attendais pas moins de ces deux ‘globe-finder’s’ que sont Brigitte et Jo issa, de la pépinière du même nom. Etablissement que j’avais eu l’occasion de visiter il brigitte-jo-issa-800x586.jpgy a quelques années. Si vous passez du côté de Nîmes ou de Montpellier je ne saurai que trop vous conseiller de vous y rendre. La vue à elle seule, du haut de cette sorte de promontoire, vaut le détour. Sur place vous trouverez une véritable caverne d’Ali baba de plantes ‘de derrière les fagots’, rapportées par ce couple de passionnés lors de leurs expéditions botaniques en Afrique. Pour les plus casaniers de mes lecteurs sachez qu’ils expédient également.

tropique-production-800x600.jpgJ’ai ensuite, toujours entre deux cafés, échangé sur la rusticité des Hedychiums avec le spécialiste du genre Pascal Bartkwoski (Tropique production) intarissable et de bon conseil sur la question, également passionné de prêles, de bananiers et autres alocasia et colocasia (On parlera un jour de ce dernier promis).

Vous l’aurez compris, des échanges enrichissants avec ces producteurs, souvent collectionneurs, passionnés, mais aussi avec des aménageurs d’espaces extérieurs présentant des gammes de mobilier, d’outillages, ou de structures pour le jardin, sans oublier les ateliers et conférences. Je pense notamment à celle du samedi après-midi sur le ravageur du palmier (Paysandisia archon) animée conjointement par Serge Dassein et François Grolleau, tous deux membres de l’association des fous de palmiers.conference-fous-de-palmiers-800x600.jpg

Quelques jours plus tard, j’ai reçu la visite (en nombre !) des membres de l’association botanique la Salicaire. Journée qui fût une nouvelle fois l’occasion de partager ensemble nos points de vue et nos expériences.

exotica-tolosa-visite-association-la-salicaire-800x481.jpgCette structure, bien organisée et  très dynamique a, le week-end suivant, installé pour mon plus grand plaisir sa foire aux plantes d’automne sur la commune de Pibrac (31). Pour mon plus grand plaisir, car cette manifestation renommée, qui s’établissait ‘traditionnellement’ à Saint Nicolas de la grave (82), se situe désormais à une encablure de mon jardin. Espérons donc que nos amis producteurs ont fait leur beurre ce jour-là, et que le lieu soit pérennisé. Ce fût en tout cas l’occasion de croiser des ‘têtes connues’, Sebastien Tan et ses tropicales, Bernard Lacrouts et ses sauges étincelantes, Joel Duval et ses plantes rustiques de terrain sec,…  J’ai même déniché, à prix tout à fait abordable, des yuccas peu courants à la vente (‘Nana, Schidigera, X White canyon, X San juan), et les ai ramené avec l’excitation enfantine d’un matin de noël.  Trouvés chez…

Enfin j’étais cet après-midi même en compagnie de Dominique Mazau, directeur du jardin botanique du muséum d’histoire collection-personnelle-dm-450x600.jpgnaturelle de Toulouse qui m’a accueilli chez lui pour découvrir ses collections personnelles, et vice-versa. Un fou de plantes qui possède un véritable conservatoire botanique à demeure, dont des variétés peu courantes et des souches introuvables. Je le remercie au passage pour sa générosité. Ses boutures et ses graines rejoindront prochainement notre jardin. Car c’est aussi l’intérêt de ces échanges de plantes entre passionnés, c’est qu’avec le temps on se souvient (la plupart du temps) de l’histoire de la plante que l’on voit grandir, et de la personne qui est à l’origine de cette acquisition, et de fait devient responsable involontaire de ce petit bonheur au quotidien.  

Ah oui j'allais oublier cette rencontre mémorable avec ce Philippe G qui préfèrera rester dans l'anonymat, mais qui se reconnaitra, et qui n'a d'égal à sa sympathie que sa boulimie à acquérir de nouvelles espèces de toutes sortes. 

Et oui, j’ai exceptionnellement plus parlé d’hommes et de femmes que de plantes, mea culpa, mais il ne faut pas s’y tromper mes amis, derrière chaque petit bout de 'nature' qu’est le jardin, il y a un jardinier, qui par son talent, sa passion et son opiniâtreté contribue à faire du jardin un jardin. 

Août 2013 - Et le gagnant est : Canna 'Russian red' !

Et le gagnant est : Russian red !

 canna-russian-red-feuillage-aout-2012-640x480.jpg

Cette plante introduite par Ed Seyder (USA) a en effet reçu le prix AGM lors du concours Canna trials 2002 de Wisley (GB) sous l’égide de la prestigieuse RHS (Royal Horticultural society). Il s’agit d’une sélection de canna botanique (canna indica), et pour moi l’un des meilleurs cannas que j’ai eu l’occasion de cultiver, à ce jour.

‘Russian red’ fait partie de ces cannas que l’on appelle géants. La croissance est très rapide et sa stature en fin de saison, si les conditions de culture sont idéales, peut devenir impressionnante, oscillant entre deux et trois mètres !  C’est une plante idéale pour transformer le temps de la belle saison un coin du jardin en mini forêt tropicale. On peut donc l’associer sans faire de faute de goût aux musas, hedychiums, bambous, etc...


canna-russian-red-aout-2013-360x480.jpgCe canna a besoin de beaucoup de chaleur pour fleurir, mais le feuillage à lui seul reste néanmoins intéressant pour les régions à étés plus frais. Celui-ci est splendide (ne pas le planter à l’ombre pour obtenir ce résultat !). Les grandes feuilles tendres naissent pourpres puis tournent au vert olive en conservant une nervation rougeâtre du plus belle effet, surtout par transparence lorsque traversées par les rayons solaires. Dans la seconde partie de l’été, les vigoureuses tiges érigées émettent des inflorescences ornées de fleurs type ’orchidées’ d’une grande finesse, et d’un coloris orange à la fois lumineux et doux.

 Comme toutes les autres plantes du genre, et à l’instar des musas (bananier) ‘Russian red’ requiert un canna-russian-red-aout-2013-2-640x480.jpgemplacement abrité des vents violents, au soleil ou en lumière partielle (pour conserver le coloris pourpre du feuillage). A planter en sol riche mais drainant, et avec un arrosage régulier et conséquent en période de croissance. Je ne l’ai pas précisé, mais la plupart d’entre vous le savent déjà, il s’agit d’une plante vivace. C’est-à-dire que le feuillage ne résiste pas aux premières gelées, mais les rhizomes souterrains émettent de nouvelles tiges au printemps suivant. Je ne connais pas la résistance au froid des rhizomes en pleine terre, mais il serait judicieux de pailler la souche, voire de retirer quelques rhizomes pour les stocker hors-gel, dans les contrées aux hivers les plus rigoureux. Par précaution.

Ma souche provient de la pépinière fleurs du sud où vous pourrez vous la procurer. 

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