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Décembre 2014 - Voici monsieur Thomasville.

Décembre 2014 - Voici monsieur Thomasville. 

Citrangequat thomasville dec 2014Pour faire écho au buzz de novembre 2012 sur les agrumes rustiques je souhaite vous présenter, pour ce dernier post de l’année 2014, monsieur Thomasville. Car ce monsieur, connu sous le nom de citrangequat ‘Thomasville’ est un agrume. Agrume issu d’un métissage assez complexe que je vais vous expliquer :Citrangequat thomasville floraison

Tout d’abord, il y a les citranges qui sont en fait des croisements entre les oranges (citrus sinensis) et les poncirus trifoliata. Les premiers étant doux est gélifs, les seconds étant immangeables mais insensibles au froid. Le produit obtenu est une plante assez résistante au froid et plus ou plus moins comestible. L’idée a été de re-hybider ce citrange avec un kumquat (fortunella margarita) cette fois-ci pour obtenir un produit gustativement plus intéressant tout en confortant une bonne rusticité.  Le mélange obtenu a été nommé citrangequat. C’est donc au final un triple hybride inter générique. Enfin, pour la petite histoire, et au risque de casser le mythe, ne cherchez pas en Thomasville le nom du génial obtenteur de cet agrume. Il s’agit simplement de la localité (en Géorgie) où l’on a obtenu des fruits pour la première fois sur ce citrangequat. Et ça remonte tout de même à l’aube de la première guerre mondiale. Monsieur Thomasville serait donc un bien vieux monsieur.

Citrangequat thomasville 2 grossissement des fruits oct 2013 450x600Mais ça ressemble à quoi ce truc ?

Et bien à un arbuste assez vigoureux, plus ou moins épineux. Lors des hivers les plus froids il peut perdre tout ou partie de son feuillage, généralement sans dommages sur les tiges, même s’il est donné pour persistant. Probablement une vieille réminiscence de sa parenté avec le poncirus. La floraison, parfumée, a lieu au printemps puis souvent à nouveau en début d’été. Cette année il a fleuri trois fois à Exotica Tolosa, car il n’y a pas eu réellement d’été mais plutôt une sorte de succession de printemps. J’ai donc, sur mon arbuste, à quelques jours de noël, trois générations de fruits et ainsi trois stades de maturité sur la même plante, ce qui est peu banal.

Les fruits matures sont orange, pyriforme, comme de gros kumquat. Il peuvent être mangé frais sans faire la grimace. Un goût agréable, alliant la longueur en bouche du kumquat à la douceur de l’orange, selon moi. Toutefois il est difficile à éplucher et malheureusement la peau apporte de l’amertume.

Les fruits immatures (verts) peuvent être utilisés comme des limes et leur jus (à peine quelques gouttes à ce stade de maturation malheureusement) fait merveille sur les fruits de mer en agissant comme un exhausteur de gout sur l’iode.

Au stade intermédiaire, les fruits jaune tournant peuvent finir en confiture faisant une marmelade tout à fait acceptable assez similaire à la confiture d’orange amère dont raffolent tant nos amis d’outre-manche.

A la cueillette le retrait du fruit laisse un curieux pédoncule cruciforme (en forme de croix) caractéristique sur la tige.

Même si les fruits ne contiennent que très peu (ou pas) de graines on peut les tenter le semis car les plantules obtenues seront fidèles à la plante mère.  Nul besoin de le greffer ou de la bouturer sauf à être pressé d’obtenir des fructifications. 

Alors venons-en à la question qui vous taraude tous derrière vos écrans :  

Est-ce que c’est rustique ce truc ?Citranqgequat thomasville nov 2014

Eh bien,  il se pourrait que oui. Dans mon jardin, le citrangequat ‘Thomasville’ est maintenant installé en pleine terre depuis quelques années, sans aucune protection. En février 2012, il a enduré avec bravoure trois semaines de sol gelé, et des pointes nocturnes comprises entre -12 et -15°. Cet hiver-là, j’ai  perdu tous mandariniers satsuma pourtant réputés (jusqu’alors) bien rustiques, quand monsieur Thomasville n’a même pas éternué. Convaincus ?

Reste maintenant pour vous le plus difficile : le trouver !

En attendant je vous souhaite d’excellentes fêtes de fin d’année, et n’oubliez pas les quelques gouttes de citrangequat ‘Thomasville’ sur vos huitres !

Décembre 2013 - Mauvaise nouvelle : l'hiver c'est l'hiver !

MAUVAISE NOUVELLE : L’HIVER C’EST L’HIVER

De l’hiver certains fous diront que c’est la plus belle saison de l’année. Ca n’est pas mon avis. La saison froide n’a d’intérêt à mes yeux que pour les sports d’hiver. Sous les frimas le jardin est moribond et je n’y mets d’ailleurs plus les pieds que contraint et forcé ! Quelques illuminés me demandent encore si je fais des visites ! Il fait nuit au milieu de l’après-midi, t’as pas remarqué ?? 

Alors avant de fourrer la dinde, revient immanquablement l’éternelle question du comptoir du coin : l’hiver sera-t-il rigoureux ?  Ce à quoi répondent les experts ou prétendus tels, avec un aplomb déconcertant, tout et n’importe quoi : « Les modèles météo nous permettent de prédire que ce sera probablement (et le ‘probablement’ revêt toute son importance) l’hiver le plus froid de ces ‘x’ dernières années », ou bien encore « cette année les rouges-gorges ne viennent pas sur la boule de graisse, l’hiver sera doux ». Moi-même je me suis surpris à dire : « Quand la masse d’air est exceptionnellement froide en Amérique du Nord, l’hiver est généralement doux en Europe, et vice-versa ». Bref, rassurez-vous personne n’en sait rien !

En théorie il y a plein de choses à faire en hiver : Ramassage des feuilles, taille des caducs, et que sais-je encore. Rien de toutes ces gesticulations jardinières à Exotica Tolosa car le jardin est composé pour son immense majorité de persistants !

Cette année j’ai décidé quand même de protéger quelques plantes, non pour déroger à ma règle de ‘l’élevage à la dure’, mais pour vérifier certaines choses :

J’ai ‘entuyauté’ le pseudo stipe principal du musa sikkimensis ‘manipur’ pour comparer en fin d’hiver entre la partie protégée, et les deux rejets à l’extérieur de la protection. La vidéo de la technique de protection mise en œuvre est visible ICI .  Bon d’accord le côté esthétique est discutable, ne retenons que le côté scientifique.

J’ai rassemblé les palmes du petit brahea aculeata pour voir si cela peut suffire pour conserver la lance, qui est perdu à chaque hiver quelle qu’en soit la dureté. Idem pour un tout jeune phoenix porphyrocarpa que j'ai emmitouflé dans un tissé. 

J’ai enfin emmailloté certains agrumes pour pouvoir constater ou infirmer que cela avance bien la floraison printanière, et permet de fait une mise à fruit plus hâtive, avant que les premières vraies gelées ne viennent abimer ou décimer prématurément la récolte de l’année. Car posséder des citrus résistants au froid c’est bien. Profiter de leurs fruits c’est encore mieux !

Chez vous en tout cas, chères lectrices et chers lecteurs, rien ne vous empêche de protéger vos plantes exotiques si elles sont un peu limite pour votre zone climatique, par des gestes simples :

Rassembler et attacher les feuilles des palmiers (dites les palmes, vous passerez pour des pros !), nolines, ou cordylines en premier lieu. Gardez à portée de mains quelques rouleaux de voile d’hivernage ou cas ou une vraie vague de froid serait annoncée. De grâce évitez d’utiliser des protections non respirantes (type plastique à bulles), surtout si la protection reste fermée plusieurs mois. Cela favorise la condensation à l’intérieur et la formation de glace par gel sévère, suivi parfois de développement de maladies cryptogamiques du fait de l’alternance de gel et dégel en milieu humide clos.

Si vous avez des yuccas, des agaves, ou des opuntias qui ont tendance à tacher sous l’effet conjugué de l’humidité et du froid, vous pouvez pulvériser en préventif une bouillie fongicide (souffre, cuivre,..) sur les feuillages.

Pour les vivaces, il peut être de bon ton de pailler le pied des plus fragiles. Cela retarde et atténue le gel du sol, surtout dans les couches plus profondes.

Je vous donne rendez-vous l’année prochaine amis jardiniers, non sans vous avoir souhaité au préalable de mémorables fêtes de fin d’année ! Pour ma part, je vais de ce pas déguster avec délectation ma confiture de yuzu au pied du sapin.  

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