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Mars-avril 2016 Entre douceur et acidité, le kumquat.

Mars-avril 2016    Entre acidité et douceur, le Kumquat.

Kumquat BB (Bachès Biggio)En mars-avril c’est la pleine saison du kumquat. Présentation sommaire : Le fortunella (kumquat) est un petit arbuste de la famille des rutacées, un agrume donc. Ses proportions modestes et son port compact permettent (au moins les premières années) une culture en container, mais c’est en pleine terre qu’il s’exprimera totalement. Doté d’une assez bonne résistance aux froids modérés (-8/-10°C) il pourra donc être acclimaté en situation protégée dans le sud de la France : A mi- ombre (soleil le matin) ou en lumière tamisée, à l’abri du vent, dans une cour intérieure, contre un mur, dans un patio. Quitte à le couvrir d’un voile d’hivernage lors des épisodes les plus froids.

 

Tout le monde n’apprécie pas ses petits fruits ronds ou ovales que l’on croque en entier, peau comprise. La chair est généralement acidulée, voire franchement acide, et c’est la peau tendre et légèrement sucrée qui apporte un plus ou moins bon équilibre gustatif à l’ensemble. Personnellement je ne peux pas résister à en croquer un ou deux, dès que je passe à proximité, même en jardinerie. En Asie ils sont essentiellement cuits entiers en compote ou confits.

Dans l’espèce il existe plusieurs variétés. Le fortunella japonica serait le plus résistant au froid, c’est celui à fruits ronds. Le fortunella margarita (on dirait le nom d’un cocktail, non ?) est celui à fruits ovales, que l’on trouve le plus souvent dans le commerce. Ces deux-là sont les plus courants. L’hybride entre les deux, fortunella x crassifolia (ou Meiwa kumquat) est celui qui remporte ma faveur, car la plante est naturellement bien équilibrée, quant à son port en grosse boule du plus bel effet, et aussi et surtout quant à ses fruits qui présentent le meilleur rapport sucre-acidité selon moi.

Moins fréquent le fortunella obovata à fruits ronds, plus gros, à feuillage plus rond, ou le fortunella hindsii de Hong-kong qui est une plante naine que l’on peut cultiver en bonsaï et dont les fruits minuscules ne sont pas consommables mais extrêmement décoratifs.  Kumquat BB (Bachès Biggio)

Au jardin, j’en ai récemment introduit deux. Ou plutôt trois, car l’un est une double-greffe. D’un côté un ‘classique’ Meiwa kumquat, de l’autre un Centennial kumquat, dont je n’ai pas encore parlé, et qui est en fait une forme à feuillage panaché de fortunella margarita. L’ensemble sur un même porte greffe (voir la photo ci-contre). Le dernier que j’ai planté l’an dernier à Exotica Tolosa est un mystère. Il provient des pépinières Bachès (A Eus dans les Pyrénées-orientales) où Michel Bachès ne savait pas exactement de quoi il s’agissait et en avait greffé trois exemplaires, sans jamais le commercialiser. Un ami commun, monsieur Biggio, avait pu en récupérer un. Nous ignorons à ce jour s’il s’agit d’un cultivar, d’un hybride naturel, ou d’une forme de Meiwa kumquat dont le fruit rappelle beaucoup ce dernier, mais encore plus doux ! Même les enfants et les ados l’adoreront, c’est du bonbon ! N’étant pas clairement identifié, nous l’avons baptisé Kumquat BB (Bachès-Biggio) en attendant, de peut-être un jour, faire toute la lumière sur cet énigmatique kumquat.

Kumquat BB (Bachès Biggio)

Si vous souhaitez cultiver un kumquat sachez qu’il est comme tous les agrumes capricieux et exige pour s’épanouir un bon sol humifère mais très drainant avec une irrigation régulière. Il est gourmand en oligo-éléments. Il peut aussi, à l’instar des autres agrumes être sensible au puceron, à la cochenille, à la fumagine, etc... Bref un agrume ! Que cela ne vous décourage pas pour autant d’essayer sa culture.Meiwa kumquat vs centennial kumquat

Beau printemps et rendez-vous sur le blog en mai-juin.

Janv-fév 2016 - Cylindropuntia spinosior, comme au far-west.

Janv-fév 2016  Cylindropuntia spinosior, comme au Far-west

Cylindropuntia spinosior -exotica tolosa-Ça y est les fêtes se sont passées, sans trop de désordres intestinaux. Les confitures d’agrumes sont maintenant presque toutes épuisées. Il est donc grand temps pour moi de vous souhaiter une excellente année jardinière 2016 ! Sans plus attendre donc, on redémarre cette saison sur les chapeaux de roues avec une plante grasse que j’affectionne tout particulièrement. C’est un peu l’élue ici. Certaines plantes sont, en effet, parfois préférées des jardiniers, et en général elles le leurs rendent bien. Ce cactus arborescent fait partie de mes chouchous.

Présentation du favori :

Le cylindropuntia, comme son nom semble l’indiquer est un cactus de type opuntia (vous savez ces fameux cactus à oreilles de Mickey) mais à segments tubulaires et non en ‘raquettes’. Spinosior ? Je ne sais pas. Si quelqu’un connait l’origine, il ou elle peut me le faire savoir. En tout cas, il s’agit d’une plante succulente de grande taille, c’est-à-dire d’un cactus semi-arborescent. On l’appelle ‘Cholla’ aux États-Unis d’où il est originaire. Il prospère çà et là en zones semi-désertiques dans les états d’Arizona et du Nouveau-Mexique où il contribue à façonner les paysages sauvages de western, aux côtés du yucca arborescent (Brevifolia). Au jardin il atteint déjà la taille respectable de 2m40 environ et semble vouloir s’élever encore. La base commence à devenir plus ligneuse (boisée) mais ne s’élargit pas avec le temps, contrairement aux arbres, et doit au fil du temps supporter un volume de rameaux épineux de plus en plus haut, de plus en plus large, et de plus en plus lourd. Dans la nature austère des milieux désertiques la croissance est lente. Au jardin elle est radicalement plus rapide et les segments sont immenses, dépassants parfois les 50cm de croissance sur une saison !Cylindropuntia spinosior -exotica tolosa-

Il y a quelques secrets de jardinier pour obtenir une grande plante qui ne flanche pas à la première averse, qui ne s’écroule pas à la première chute de neige, et résiste bien aux rafales de vent. Sans quoi la plante a un port naturel érigé mais aussi buissonnant, désordonné et ramifié en tous sens. Elle est alors, à mon sens, moins esthétique mais aussi plus fragile.  Ce sont surtout des astuces de bon sens. Le but étant d’alléger au maximum la plante. Pour se faire je pratique une taille sélective aussi discrète qu’indispensable pour soulager la bête. Dans le courant de l’été je ne conserve qu’un minimum de segments sur les nouvelles pousses de l’année. Je supprime toutes les sections qui se croisent, qui sont mal placées, qui partent vers le bas ou à l’horizontal. Je ne conserve donc que quelques sections solides bien érigées. Pour finir, je supprime tous les fruits qui succèdent à la floraison, fruits qui alourdissent considérablement la plante en hiver.

Cylindropuntia spinosior -exotica tolosa-Le résultat est un cactus à l’allure d’un candélabre aéré et solide, dont la silhouette très spectaculaire n’est pas sans rappeler l’ouest des cow-boys. Bien sûr les interventions culturales nécessitent de s’équiper un peu (gants, pinces, journaux, cartons roulés,…) pour espérer échapper aux redoutables épines (à crochets comme des hameçons). Dans le milieu naturel se sont les petits mammifères qui diffusent bien involontairement ces cactus dont les segments s’accrochent au pelage et voyagent ainsi sur plusieurs kilomètres avant de se poser bien loin de la plante mère et former ainsi de nouvelles colonies de plantes.

La floraison abondante en juin ressemble à celle de son cousin, le cylindropuntia imbricata, dans les tons rose indien à rose fuchsia très riche, suivie de fruits épineux qui finissent par tomber s’ils ne sont pas supprimés avant. Comme je le disais, ici la croissance est incroyablement rapide, et j’ai pu remarquer que la plupart du temps les nouvelles pousses continuent à croitre en longueur pendant toute la belle saison, donnant des cylindres beaucoup plus long que ceux de l’imbricata.Cylindropuntia spinosior -exotica tolosa-

Avec un bon ‘nettoyage’ de la plante, le monstre résiste bien aux pires hivers, aux épisodes pluvieux, et aux lourdes chutes de neige. Réputé résister à -18°/-20°, Il est sorti naturellement intact de l’hiver 2012 (-12°/-15°).

Cylindropuntia spinosior est une des pièces maitresses du jardin, à l’instar d’opuntia mojavensis, ou d’agave ovatifolia. Un ‘must to have’ diraient les plus branchés.

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