Buzz du mois

Novembre-décembre 2016 Opuntia chéri... Opuntia scheerii.

Novembre-décembre 2016      Opuntia chéri…  Opuntia scheerii

Opuntia scheerii, jardin Pierre Alain, Lauragais

A quelques jours de noël et profitant d’une journée douce et ensoleillé je flâne au jardin, et les plantes, à peine engourdies par les premières fraicheurs nocturnes, semblent me suggérer d’écrire le buzz du mois. Je me remémore alors cet énorme oponce que j’avais été contraint d’arracher par manque de place il y a quelques années, l’opuntia scheerii.  En quelques printemps l’unique raquette de la première heure avait engendré de façon exponentielle un buisson étalé de plus d’un mètre carré.  

Opuntia scheerii, boutons floraux.Opuntia scheerii.

Vigoureux c’est le mot qui convient. Ce cactus à raquettes peut en effet atteindre 1.50m de haut et jusqu’à 3 mètres d’étalement. C’est dire la place qu’il faut éventuellement lui prévoir, par anticipation, pour ne pas avoir à l’éradiquer comme une mauvaise herbe par la suite.

Originaire des régions de Querétaro et de Guanajuato au Mexique, la bête semble bien s’adapter aux climats tempérés de nos jardins. Certains le disent rustique à -20°C (selon les clones),  mais il est plus généralement admis, et plus réaliste, de dire qu’il résiste à -12°C voir -15°C dans des conditions de drainage parfait. Dans notre jardin, il avait été plus ou moins abimé par la vague de froid de l’hiver 2012 (-14°C), alors qu’il était intact dans d’autres jardins à quelques kilomètres de là.

Dans ces cas-là il convient de faire un diagnostic complet de la plante plusieurs semaines après le redoux car certaines séquelles n’apparaissent qu’après coup. Il est alors curieux d’observer que certaines raquettes sont intacts au milieu d’autres totalement liquéfiées. La base solide,  presque ligneuse, est généralement intacte. Il  est préférable alors de couper en amont de tout ce qui semble gelé, ramolli, pourri, afin que la pourriture ne gagne pas l’ensemble de la plante. On commence naturellement par les raquettes les plus éloignées du centre et on se rapproche progressivement de la base en s’arrêtant lorsque les raquettes sont indemnes et que la coupe est parfaitement saine (blanc, vert) et ne présente pas de points ou de tâches marrons ou jaunâtres signe que la pourriture est bien là. La plante se refait très vite une santé au printemps suivant.

Opuntia scheerii, ensemble.

Outre sa vigueur, l’opuntia scheerii  présente aussi un intérêt esthétique,  cela va de soi, sinon quel intérêt de griffonner ces lignes ?

En effet les segments (raquettes) d’assez grande taille sont d’un beau vert-olive qui met particulièrement en valeur la spination jaune dorée sur les aréoles marron-noir. Le port d’ensemble est également assez graphique car les raquettes de cet oponce ont la courtoisie et l’élégance de bien vouloir se positionner plutôt régulièrement et de bien occuper l’espace. La floraison sporadique, jaune souffre au printemps, est parfois capricieuse et n’a jamais retenu mon attention.

Opuntia scheerii, floraison.Opuntia scheerii, fructification.

Enfin sachez que cet oponce est assez sensible aux attaques de cochenilles sans incidence sur son développement, et sans trop d’incidence non plus sur sa plastique.

Sans aucun doute une valeur sûre du jardin exotique d’acclimatation, je valide cet opuntia chéri.

Excellentes fêtes de fin d’année et rendez-vous l’année prochaine pour de nouvelles aventures jardinières !

 

Crédit photo : photo 1 jardin de Pierre Alain, Lauragais, autres photos, jardin d'Olivier Biggio, Plaisance du Touch. 

 

Sept octobre 2016 - Un palmier peut en cacher un autre. Syagrus bis repetita.

Sept-oct 2016  - Un palmier peut en cacher un autre. Syagrus bis repetita.  

Qui se souvient encore qu’un palmier au look de cocotier avait survécu rue du Japon à Toulouse ?

Terrassé pendant le monstrueux hiver 2012, ce syagrus avait pourtant survécu pendant une vingtaine d’années à la faveur d’hivers doux. Ce qu’on ignorait, c’est qu’au même moment, non loin de là, sur l’autre rive de la Garonne, un jardinier un peu fou était en train, ce même hiver, de s’activer à tenter par tous les moyens à sauver un autre syagrus dans son jardin. A grand renfort de couvertures et de chauffage soufflant il ne renonçait pas à sacrifier son syagrus au roi des enfers glacés venu balayer la ville rose cette année-là.  Jardin Pierre Alain, Toulouse

Quatre ans se sont écoulés depuis le terrible épisode, avant que ce planteur de palmier à la bravoure sans faille, et fidèle lecteur anonyme de mon blog, ne se manifeste et entre en contact en aiguisant habillement ma curiosité par un mail  rapidement suivi d’un texto avec photo. Il ne m’en fallu pas plus pour que je me résolve sans trop me forcer il est vrai, à me rendre dans ce quartier Saint Cyprien pour voir de mes propres yeux l’héroïque survivant.Bassin pierre alain sept 2016 389x600Syagrus pierre alain sept 2016 ensemble 2 338x600

Par une matinée ensoleillée, Pierre A. m’a ouvert les portes de son petit paradis. Une charmante cour intérieur à l’abri des regards mais inondée de soleil. Le syagrus était bien là en point d’orgue, le long de la façade, en pleine terre, fièrement dressé, à la chevelure gracieuse.  Je suis resté de longues minutes à en faire le tour, à l’observer sous toutes ses coutures, à le photographier pendant que mon hôte me narrait son histoire. Donc la chronique se répétait… Souhaitons longue vie à ce syagrus en tout cas. Les essences avoisinantes étaient  pour leur part du même acabit, une petite collection de palmiers peu rustiques en pots, des bananiers, quelques succulentes, une modeste  et néanmoins agréable pièce d’eau, l’enceinte de l’ensemble étant colonisée par des masses d’ipomées bleues. Le tout donnant un aspect très tropical vraiment insolite pour la région. Je n’ai pas regretté le déplacement, un grand merci à Pierre A.Jardin Pierre Alain, ToulouseJardin pierre alain sept 2016 738x600

En repartant, j’en ai profité pour passer voir, dans le même quartier, un washingtonia filifera que je ne connaissais pas et qui a résisté lui aussi mais sans protection bien sûr, à la VDF (vague de froid) de 2012. Je vous livre les quelques clichés de ce sympathique palmier qui était en fleur à ce moment-là.Washingtonia filifera, Toulouse st cyprienWashingtonia filifera, Toulouse st cyprienWashingtonia filifera, Toulouse st cyprien

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