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Octobre 2017 - Le jardin d'un fou (de palmiers !) Aloha.

Octobre 2017 - Le jardin d'un fou (de palmiers !) Aloha. 

 

Par un magnifique dimanche matin d’été indien, nous avons décidé de nous promener en Lauragais. Territoire localisé au sud de Toulouse dans l’axe du canal du midi, pour les nuls en géo…  Nous étions en effet conviés à visiter le jardin d’un  fou (de palmiers !), Aloha pour les membres de l’association, alias Manu pour les intimes. Et bien je dois dire que ce fût un régal de déambuler dans ce jeune jardin en crête de coteaux.

SyagrusAgave stricta inflorescence

Peuplé pour l’essentiel de palmiers de plus ou moins grandes tailles, et de quelques xérophytes, le jardin regorge de raretés. La plupart des plantations ont été effectuées après la derrière grande vague de froid de février 2012. Je pense que le jardin d’Aloha est en zone USDA (zone climatique) 8b tout comme Exotica Tolosa.  C’est-à-dire susceptible d’encaisser des hivers froids moyens à -10/-12°C. Pourtant il diffère beaucoup de notre jardin du fait de sa situation au sommet d’une colline. Ce qui  a pour effet de limiter la stagnation du froid et des brumes hivernales qui ont tendance à glisser et à rester dans la vallée. Les vents y sont aussi plus réguliers et plus puissants que dans notre jardin pour parachever la comparaison. Notre hôte nous affirmait d’ailleurs que le jardin subissait régulièrement les assauts tempétueux du vent d’Autan, particulièrement desséchant, et que les rafales à 90km/h et au-delà n’étaient pas rares.

Jardin aloha cote rue

Butia eriospatha x syagrus santa catarina

Malgré ces conditions parfois difficiles Manu a planté sans relâche depuis une petite dizaine d’années maintenant des palmiers glanés au quatre coin du monde, palmiers désirés, enviés, convoités,  attendus (parfois longtemps) avec fébrilité, puis plantés et cultivés avec une ferveur presque mystique… et oui c’est bien un fou ce Manu !

Jardin aloha vue palmiers maisonButia odorata fructificationButia paraguayensis x parajubea cocoides

Pourtant ce jardin n’a rien d’un étalage ou d’une collection sans fin, comme on le voit dans certaines plantations de particuliers boulimiques dans ce domaine,  mais s’avère, à l’inverse, être l’aboutissement réfléchi d’une passion indéfectible. Notre passionné chouchoute donc ces bébés !  D’autant que certains ont été chèrement acquis…

Jardin aloha vue palmiers

Jardin aloha abords piscine

Entre arrosages,  fertilisations (apports réguliers d’additifs pour booster la croissance comme le superthrive  qui est une hormone de croissance, et autres oligo-éléments), traitements, et protections hivernales, Manu ne laisse rien au hasard. C’est en effet la première fois que je rencontre un jardinier qui arrose ses plantes à l’eau tiède, et jusqu’à 20 litres quotidien ! (Même s’il est effectivement démontré que cela se révèle bénéfique pour le végétal en général, et pour le palmier en particulier.) Du coup, pour subvenir aux besoins hydriques, la parcelle est équipée, là où c’est nécessaire de réseaux de goutte à goutte, et parsemé de récupérateurs d’eau de pluie. Le sol des zones cultivées est recouvert de paillage végétal pour conserver la fraicheur du sol ou de paillage minéral (paillettes d’ardoise noire) pour emmagasiner la chaleur du rayonnement solaire, selon les besoins de chaque espèce.  Enfin, à partir de décembre les sujets les plus fragiles bénéficient de paille au pied, de protections imperméables contre la pluie, et d’un tipi en voile d’hivernage respirant qui recouvre le tout.

Brahea decumbens

Dasylirion wheeleri

Il en résulte des dizaines d’hybrides disséminés, çà et là, sur l’ensemble du terrain aux endroits qu’ils affectionnent. La plupart juvéniles et de croissance plutôt lente, certains plus rapides  à croitre comme le ‘Bupara’. Ce jardin est un émerveillement tant pour l’initié que pour le novice. Pour notre part, nous sommes tous restés ébahis devant l’hybride de Butia Eriospatha et de Syagrus Santa Catarina déjà de belle stature,  ou bien devant le jeune mais néanmoins prometteur Butia Paraguayensis X Parajubea cocoides.  Les espèces ne sont pas en reste. On retiendra le double brahea armata, le butia odorata qui ne cesse de fructifer, le sabal palmetto sp. Tifton, ou le parajubea sp. Anda (j'en suis tombé raide dingue) au bord de la piscine. Quelques xérophytes  sympathiques complètent  le tableau, agave ovatifolia, montana, sticta (en fleurs), ou le très beau parrasana ‘Giant blue’.

Brahea aculeataButia eriospatha x syagrus santa catarina

Dasylirion butia parajubea sp anda

Il sera vraiment passionnant de revenir régulièrement dans cet oasis tropical et de voir comment il évoluera au fur et à mesure des années et de sa maturité. Enfin pour celles et ceux qui se demanderaient où se procurer ces palmiers insolites et surprenants, vous les retrouverez notamment chez Palmaris en Ariège,  Cazeneuve en Tarn et Garonne, Jardin du monde sur la côte d’Azur, Violette Décugis également au bord de la grande bleue, Nigel via son site en Grande Bretagne,  Patrick Shaffer en Californie… Vous retrouverez certains de ces fournisseurs ICI .

Jubaea x syagrus premier plan

Janvier février 2017 - Il pleuvait, c'est pas d'Pau !

Janvier-février 2017      Il pleuvait, c’est pas d’Pau !

Palmiers à Pau

En cette fin de septembre de l’an de grâce 2016 (ah c’était l’an dernier en fait), l’association des fous de palmiers  avait organisé une belle échappée en Béarn pour dévoiler  l’exotique végétation de la ville de Pau, et particulièrement les nombreux palmiers qui la jalonnent. Découverte…

Sortie des fous de palmiers à Pau

Rendez-vous était pris devant la gare ferroviaire, le temps de rassembler la troupe qui s’était constituée pour cette sortie. Bon, autant dire que tout n’était pas forcément bien engagé côté ciel  alors que l’azur commençait à sévèrement se charger. L’atmosphère devenait  électrique de minutes en minutes, laissant présager une excursion arrosée.  Lorsque le ralliement fût enfin complet une grosse déflagration cosmique en fît sursauter plus d’un(e), et elle fût immédiatement suivie d’un déluge d’eau. L’excursion fût donc conforme au présage, bien arrosée…

Palmiers à PauPalmiers à Pau

Nous avons donc traversé le gave de Pau sous un déluge d’eau, mais armés de nos cirets, parapluies, et autres ponchos… pour ceux qui l’avaient prévu !

En face de la gare se déploie, d’emblée, une véritable oasis de plusieurs centaines de palmiers, sur les pentes verdoyantes juste en contrebas du fameux Boulevard des Pyrénées, faisant de ce lieu la plus grande palmeraie du Sud-ouest. Des trachycarpus fortunei (palmiers chanvre) pour l’essentiel, ponctués çà et là d’autres exotiques rustiques comme des musas, des yuccas, des dasylirions, ou bien des agaves, mais dans une moindre mesure. La grimpée sur la partie supérieure est juste magique et offre à l’arrivée un panorama époustouflant, comme un tableau avec les Pyrénées en toile de fond. Sur près de deux kilomètres cette promenade offre l’une (si ce n’est la), des plus belles vues de la région sur la chaîne Pyrénéenne, permettant aux nombreux palmiers élancés de tutoyer au loin les sommets montagneux dans un surréalisme artistique, me rappelant un peu en ce sens les alignements de palmiers de Palm springs (Californie) sur fond de monts enneigés… enfin c'est ce que j'imagine parceque ce jour là on a rien vu à part les nuages !

La balade se poursuit par les abords du casino-palais des congrès où l’on peut voir de part et d’autre de l’entrée deux beaux massifs d’exotiques vivaces et annuelles. A l’intérieur de l’établissement se trouve d’immenses plantations de plantes exotiques non rustiques recréant des ambiances de forêts tropicales. Malheureusement ces zones n’étaient pas ouvertes au public lors de notre passage.

Nous avons ensuite cheminé en ville jusqu’à la place Georges Clémenceau où l’on peut admirer quelques palmiers ‘déposés’ sur une grande étendue minérale contemporaine, notamment de très beaux butias, plantés récemment semble-t-il. Contrairement aux trachycarpus observés en contrebas de la promenade du Boulevard qui semblent être là depuis des temps immémoriaux. C’est d’ailleurs presque le cas puisque Le patrimoine palmique de Pau remonterait à Napoléon III (fin du 19ème siècle) !

Boulevard des Pyrénées, Pau.

Pour la petite histoire, ce sont d’abord les soldats Béarnais qui ramenèrent de leurs campagnes coloniales des palmiers pour les planter  dans leur jardin. C’était alors symbole d’un certain niveau social et d’une volonté affichée d’appartenance à la petite bourgeoisie locale. Il était aussi de coutume, à la belle époque, de planter un palmier dès qu’un fils naissait ou bien pour célébrer le retour, ou le départ, d’un parent pour les colonies. Plus récemment, ce sont essentiellement les communautés anglo-américaines et russes en villégiature saisonnière dans la ville (réputée pour la douceur hivernale de son climat) qui ont contribué à enrichir ce patrimoine végétal. Ils plantaient à tout va, devant leurs belles villas, quantités de palmiers en signe d’aisance, donnant à la ville un faux air de riviera Italienne. Et oui, on ne le soupçonne plus aujourd’hui mais le palmier était un signe extérieur de richesse.

Butias à Pau.Place Georges Clémenceau, Pau.

J’ignore si un trachycarpus peut devenir centenaire, mais vu la taille de certains d’entre eux,  il est probable qu’au moins les plus grands aient été planté naguère (ça va, je ne prends pas trop de risque…)  et aient survécu (au moins) aux -17° de l’hiver 1985. Niveau de froid exceptionnel dans la région, qui se caractérise plutôt en temps normal par des températures douces,  sans excès tout au long de l’année. La pluviométrie est également très favorable à la croissance des palmiers (plus de 1000mm/an à Pau contre un peu plus de 600mm à Toulouse) tant par sa quantité que par sa fréquence et sa répartition assez homogène dans l’année. C’est ce qui donne au Béarn, à l’instar du Pays Basque, ce côté ‘vert toute l’année’. Ajoutons à cela une relative absence de vent et des sols humifères bien fertiles et l’on comprend mieux que les palmiers sont particulièrement bien implantés dans de coin du sud-ouest.

Pau est définitivement une petite bourgade bien exotique comptant pas moins de 1600 palmiers d’après le recensement des services d’espaces verts communaux, dont tout de même 1381 trachycarpus fortuneii !

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